“L’homme qui parle est au-delà des mots, près de  
l’objet; le poète est en deçà. Pour le premier, ils  
sont domestiques, pour  
le second, ils restent à l’état sauvage (...) Mai s’il s’arrête  
aux mots, comme le peintre fait aux couleurs et le  
musicien aux sons, celà ne veut pas dire qu’ils aient perdu  
toute signification à ses yeux; c’est en effet la signification  
seule qui peut donner aux mots leur unité verbale; sans  
elle ils s’éparpilleraient en sons ou en traits de plume.  
Seulement elle devient naturelle, elle aussi.”  
“L'uomo che parla è al di là delle parole, vicino all'oggetto;  
il poeta è da questa parte. Per il primo esse sono familiari,  
per il secondi restano allo stato brado (...) Ma se si ferma  
alle parole, come fa il pittore con i colori e il musicista con i  
suoni, ciò non vuol dire che esse abbiano perso ogni  
significato ai suoi occhi; è solo il significato infatti che può  
dare alle parole la loro unità verbale; senza di esso si  
disperderebbero in suoni o in tratti di penna. Solo che  
anch’esso diventa naturale.  
L’origine di questa duplice attitudine verso il  
linguaggio è individuata da Sartre stesso in questi  
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termini :  
“Originellement la poésie crée le mythe de l’homme,  
quand le prosateur trace son portrait. Dans la réalité l’acte  
humain, commandé par les besoins, sollicité par l’utile, est,  
en un sens, moyen. Il passe inaperçu et c’est le résultat  
qui compte: quand j’étends la main pour prendre la  
plume, je n’ai qu’une conscience glissante et obscure de  
mon geste: c’est la plume que je vois; ainsi l’homme est-il  
aliéné par ses fins. La poésie renverse le rapport: le monde  
et les choses passent à l’inessentiel, deviennent prétexte à  
l’acte qui devient sa propre fin. Le vase est là pour que la  
jeune-fille ait le geste gracieux en le remplissant, la guerre  
de Troie pour qu’Hector et Achille livrent ce combat