les enfants d’aujourd’hui! ... C’est ce que nous avons gagné à  
la Révolution, il n’y a plus que pour les enfants, on a supprimé  
les pères! Ah! J’éduque Mouche tout autrement, il m’aime, le  
petit guerdin (GUERRIER)! ... dit-il en donnant une tape à  
son petit-fils.  
- Il me semble que vous en faites un petit voleur tout comme  
les autres, dit Sibilet, car il ne se couche jamais sans avoir un  
délit sur la conscience.  
- Ah! Monsieur Sibilet, il a la conscience pus tranquille è qu’  
la vôtre (PLUS TRANQUILLE QUE LA VôTRE) ... Pauvre  
enfant, qué QU’EST-CE) qu’il prend donc? Un peut d’harbe  
(HERBE). Ça vaut mieux que d’étrangler un homme! Dam! Il  
ne sait pas, comme vous, l’addition, la multiplication ... Vous  
nous faites bien du mal, ... allez! Vous dites que nous sommes  
des tas brigands, et vous êtes cause e d’ (LA CAUSE DE) la  
division entre notre seigneur que voilà, qu’est un brave  
homme, et nous autres qui sommes de braves gens ... Et gnin  
pas pus (IL N’Y A PERSONNE PLUS) brave (DANS LE) pays que  
celui-ci. Voyons? Est-ce nous avons des rentes? Est-ce qu’on  
ne va pas quasiment nu, et Mouche aussi? Nous, couchons  
dans de beaux draps, lavés tous les matins par la rosée, et à  
moins qu’on nous envie l’air que nous respirons et les rayons  
du soleil è q’ (QUE) nous buvons, ne vois pas ce qu’on peut  
nous vouloir ôter ... Les bourgeois volent au Les bourgeois  
volent au profitant que de ramasser ce qui traîne au coin du  
bois. Il n’y a ni gardes champêtres, ni gardes à cheval pour  
m’sieur Gaubartin qu’est entré ici, nu comme ein var (COMME  
UN VER), et qu’a deux millions! C’est bientôt dit: voleurs! V’là  
quinze ans que le père Guerbet, el percepteur (LE  
PERCEPTEUR) de Soulanges, s’en va e’ d’ (DANS) nos  
villages à la nuit avec sa recette, et qu’on ne lui a pas core  
ENCORE) demandé deux liards (QUARTI DI PENNY). Ce n’est  
pas le fait d’un pays e’ d’ (DE) voleurs! Le vol ne vous enrichit  
guère. Montrez- moi donc qui de nous ou de vous  
aut’bourgeois (HAUTS BOURGEOIS) ont d’ quoi viv’ (DE  
QUOI VIVRE) à ne rien faire?  
- Si vous aviez travaillé, vous auriez des rentes, dit le curé.  
Dieu bénit le travail.